Délais légaux de paiement entre entreprises : ce que dit la loi

Les délais légaux de paiement entre entreprises sont encadrés par la loi : sauf accord contraire entre les parties, une facture doit être réglée dans un délai de 30 jours, et ce délai ne peut en aucun cas dépasser 60 jours à compter de la date d'émission de la facture (ou 45 jours fin de mois si cette option est expressément prévue). Ce cadre, issu de la loi de modernisation de l'économie (LME), s'impose à toutes les transactions commerciales entre professionnels en France et son non-respect expose l'entreprise débitrice à des sanctions administratives. Voici ce que dit précisément la loi, et comment une entreprise peut sécuriser le respect de ces délais sans dégrader sa relation client.

Le délai de paiement de droit commun : 30 jours

En l'absence de conditions de règlement négociées entre les parties, l'article L441-10 du Code de commerce fixe le délai de paiement à 30 jours à compter de la date de réception des marchandises ou d'exécution de la prestation demandée. C'est le délai qui s'applique par défaut, notamment lorsque les conditions générales de vente ne précisent aucun délai de paiement.

Ce délai de principe constitue le socle du dispositif légal : toute entreprise qui facture un client professionnel sans avoir négocié de condition de paiement spécifique doit donc, en théorie, être réglée dans ce délai.

Le délai maximum conventionnel pour les délais légaux de paiement

La loi autorise les parties à négocier un délai de paiement plus long que le délai de droit commun, mais dans une limite stricte fixée par l'article L441-10 du Code de commerce :

  • 60 jours à compter de la date d'émission de la facture ; ou
  • 45 jours fin de mois à compter de la date d'émission de la facture, si cette modalité est expressément mentionnée dans le contrat ou les conditions générales de vente.

Au-delà de ces plafonds, le délai convenu entre les parties est réputé non écrit et c'est le délai légal qui s'applique. Certains secteurs (transport, par exemple avec la loi Gayssot) bénéficient de délais dérogatoires spécifiques, qu'il convient de vérifier au cas par cas.

Que risque une entreprise qui ne respecte pas les délais légaux de paiement ?

Le non-respect des délais légaux de paiement est un manquement que la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) peut sanctionner directement, sans intervention préalable d'un juge. L'article L441-16 du Code de commerce prévoit des amendes administratives pouvant atteindre :

  • jusqu'à 75 000 € pour une personne physique ;
  • jusqu'à 2 000 000 € pour une personne morale ;
  • ces montants peuvent être doublés en cas de réitération du manquement dans un délai de deux ans.

La DGCCRF mène régulièrement des campagnes de contrôle sur ce sujet auprès des entreprises, tous secteurs confondus, et peut rendre publiques les sanctions prononcées. Le détail de ces règles est consultable sur la fiche pratique officielle de la DGCCRF sur les délais de paiement.

Pénalités de retard et indemnité forfaitaire : des conséquences automatiques, dès le premier jour

Au-delà du risque de sanction administrative, le dépassement des délais légaux de paiement déclenche, de plein droit et sans qu'une mise en demeure soit nécessaire, deux conséquences financières pour le débiteur : des pénalités de retard calculées au jour le jour, et une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement. Notre article sur le calcul des intérêts de retard et pénalités détaille la méthode de calcul applicable, et notre guide sur l'estimation des frais de recouvrement revient sur le fonctionnement précis de cette indemnité forfaitaire.

Ces mécanismes, bien que prévus par la loi, ne garantissent pas à eux seuls un paiement rapide : une entreprise créancière reste dépendante de sa capacité à suivre ses échéances et à relancer ses clients avant que le retard ne s'installe. Notre article sur le retard de paiement de facture présente des pistes concrètes pour agir en amont.

Respecter les délais légaux de paiement : un enjeu de process, pas seulement de droit

Connaître les délais légaux de paiement est une chose ; s'assurer, au quotidien, que chaque facture est réglée dans ces délais en est une autre. C'est précisément l'enjeu de la gestion de l'échéance : plutôt que d'attendre qu'un retard soit constaté pour agir, il s'agit de suivre chaque facture dès son émission et pendant toute sa période d'échéance, pour anticiper les difficultés de paiement avant qu'elles ne se transforment en impayé.

C'est l'approche portée par les Échéanceurs® de CFC Solutions, qui s'appuient sur la plateforme l'Échéanscope® pour suivre les factures confiées dès leur émission. Plutôt que d'imposer une relance standardisée une fois le délai dépassé, la méthode consiste à « donner envie de payer » : maintenir un dialogue régulier avec le débiteur durant la période d'échéance, pour sécuriser le règlement dans les délais tout en préservant la relation commerciale.

FAQ — Délais légaux de paiement

Quel est le délai légal de paiement entre deux entreprises en France ?

Le délai de droit commun est de 30 jours à compter de la réception des marchandises ou de l'exécution de la prestation. Les parties peuvent convenir d'un délai plus long, dans la limite de 60 jours à compter de la date d'émission de la facture, ou 45 jours fin de mois si cette modalité est expressément prévue.

Que se passe-t-il si une entreprise ne respecte pas les délais légaux de paiement ?

Le fournisseur peut appliquer des pénalités de retard et une indemnité forfaitaire de recouvrement, dues de plein droit dès le jour suivant la date d'échéance. Par ailleurs, la DGCCRF peut sanctionner l'entreprise débitrice d'une amende administrative pouvant atteindre 2 000 000 € pour une personne morale.

Les délais légaux de paiement sont-ils les mêmes dans tous les secteurs ?

Non. Certains secteurs bénéficient de délais dérogatoires spécifiques fixés par la loi, par exemple dans le transport. Il convient de vérifier, pour chaque secteur d'activité, si un délai particulier s'applique en complément du cadre général.

Qui peut contrôler le respect des délais légaux de paiement ?

La DGCCRF est compétente pour contrôler le respect des délais de paiement entre entreprises et peut prononcer des amendes administratives directement, sans passer par une procédure judiciaire.

Comment une entreprise peut-elle sécuriser le respect des délais légaux de paiement par ses clients ?

En suivant activement chaque facture dès son émission plutôt qu'en attendant un éventuel retard, via une gestion de l'échéance structurée. C'est l'approche que CFC Solutions propose à ses clients via les Échéanceurs® et la plateforme l'Échéanscope®.

Voir d’autres articles

CFC Solutions est le leader français de l’Echéance
Adhérent 2024 à l’AFDCC (Association française des Crédits Managers et Conseils)
Plus de 100 millions d’euros d’encours gérés en 2023
Jusqu’à 96% de factures payées en temps et en heures (clients CFC Solutions 2023)

Envie de gagner en sérénité dans la gestion de vos créances clients

Prendre rendez-vous
linkedin facebook pinterest youtube rss twitter instagram facebook-blank rss-blank linkedin-blank pinterest youtube twitter instagram